02/12/2008

Un accueil d’urgence accessibles à tous les sans-abri sans exception

Groupe cdH du PW « Un accueil d’urgence accessibles à tous les sans-abri sans exception »INTERPELLATION DE MADAME LA DEPUTEE MONIQUE WILLOCQ A MONSIEUR LE MINISTRE DIDIER DONFUT 1er décembre 2008 .Monsieur le Président,Monsieur le Ministre,Chers Collègues,Pour l’accueil et l’hébergement des personnes en difficultés sociales, la Région subventionne et agrée 4 types de maisons d’accueil : Maisons d’accueil, Maisons de vie communautaire, Maisons d’hébergement de type familial et Abris de nuit. Il en existe actuellement 68. Actuellement, les Maisons d’hébergement de type familial et les Abris de nuit peuvent uniquement prétendre à l’agrément. Ces structures ont cependant la capacité de solliciter les Relais sociaux de chaque grande ville (un relais social et de santé s’ouvrira en 2009 à Tournai). Le budget 2008 attribué au secteur s’élève à 16.940. 000 €. Pour 2009, vous annoncez, dans les limites des crédits budgétaires, des moyens financiers supplémentaires qui permettront une application totale du décret relatif à l’accueil, l’hébergement et l’accompagnement des personnes en difficultés sociales. Ceci permettra le financement intégral du personnel repris dans le cadre prévu par la loi et la prise en charge totale des frais de fonctionnement afférents aux missions de ces structures d’accueil. Venons-en au cœur de ma question : l’accueil d’urgence. Les abris de nuit, au nombre de 6 sur notre territoire, se caractérisent « par un accueil inconditionnel d’urgence à toute personne dépourvue de logement pour une nuit. Ils ont une capacité d’hébergement de minimum 4 personnes en difficultés sociales, en logement collectif ».Les « Plans Hivers », activés depuis 5 ans, sont cette année encore et heureusement, relancés entre le 1er novembre et le 30 mars. Aussi, l’opération « Défense d’avoir froid » est lancée depuis une semaine. La Défense Nationale met à disposition des CPAS une caserne par Province pour permettre aux personnes sans-abri de pouvoir se loger si il n’y a plus de place ailleurs. Comme l’an passé, les personnes sans abri pourront donc se présenter dans un abri de nuit pour la nuit et, si celui-ci est complet, une attestation leur sera délivrée pour se rendre au centre d'accueil "hiver" de leur région. En Hainaut, c’est la caserne de Ghlin qui les accueillera. A Tournai, il est évident que les services compétents saluent l’opération mais il existe cependant un problème : cette caserne se situe à 40 minutes de Tournai (en voiture) ! Un Centre d’accueil de Tournai épinglait ce fait la semaine dernière et se posait la question de savoir comment et à la charge de qui s’effectuera le transfert de ces personnes sans-abri vers la caserne de Ghlin ? Il y a de plus en plus de sans abris mais il y a un gros problème pour les loger, car même si une caserne est mise à disposition, on peut se poser la question de son accessibilité pour des personnes qui, bien souvent, n’ont même pas de quoi se payer à manger ! Avez-vous connaissance de ce problème Monsieur le Ministre ? Qui devra prendre en charge les trajets des personnes sans-abri vers la caserne ? Et devront-elles être accompagnées ?En septembre dernier, dans le cadre du Plan « grand froid », en vue d’anticiper un maximum les choses, vous invitiez les CPAS et les communes de la Région « à être particulièrement vigilants aux situations de détresse sociale qui pourraient surgir durant la période de froid à venir » et « à s’organiser afin d’assurer un accueil de jour aux personnes fragilisées et en difficulté par la mise à disposition d’un local chauffé ».Ce type de structure d’accueil de jour organisée sous l’égide des CPAS, en collaboration avec les acteurs locaux de l’action sociale, a pour objectif de permettre aux personnes précarisées ou à la rue de se réchauffer physiquement mais aussi de créer du lien social, de la proximité et de la convivialité durant une période où le froid est propice à l’isolement.Par cette mesure, vous entendiez renforcer le plan grand froid actuel. Les personnes sans abri pourront donc se présenter dans un abri de nuit pour la nuit et dans les structures d’accueil de jour toujours organisées sous l’égide des CPAS. Toutes ces initiatives visent d’abord à résoudre « l’urgence » ! Le but du Plan Hiver doit en effet être « qu'il n'y ait personne à la rue en Wallonie cet hiver » ! Mais ce Plan me semble toujours insuffisant pour résoudre le problème général de l'accueil d’urgence des personnes sans abri en Wallonie. Je m’explique : il existe un certain nombre de "barrières à l'accès" et notamment l’animal de compagnie. Cette caractéristique empêche très souvent, plus souvent qu’on ne le pense, l'accueil des personnes sans-abri dans ces structures. En décembre de l’année dernière, j’avais déjà posé la question à votre prédécesseur à propos de l’accueil des SDF accompagnés de leurs chiens dans les abris de nuit, animaux qui représentent tout pour eux : une compagnie mais aussi, parfois, leur seule famille.Regardez dans les gares, les rues fort fréquentées… c’est bien triste.Cette question est on ne peut plus d’actualité, puisque l’hiver est là !Monsieur le Ministre pourrait-il avant toute chose me dire combien de personnes passent chaque année dans les abris de nuit wallons ? Constate-t-on une augmentation du chiffre par rapport aux années précédentes ?Toujours est-il qu’au-delà de ce chiffre, il convient de garder à l’esprit le fait qu’il y a aussi un nombre très important de personnes sans abri qui ne passent pas dans ces lieux d’accueil, et qui ne sont donc pas recensées ! Et pour cause, ces personnes n’y vont pas parce que des « barrières d’accès » ne leur permettent pas d’y avoir accès ! Les Sans domicile fixe sont la face la plus visible et, par là, la face plus intolérable de la Pauvreté. Et pourtant ces personnes échappent à tout recensement officiel. On épingle chaque année ces « barrières à l’accès ». J’ai cité les animaux de compagnie. On peut encore citer les problèmes que connaissent les personnes à mobilité réduite, les difficultés que les personnes avec enfants rencontrent, etc.Comment la Région wallonne pourrait-elle agir de manière volontariste pour que toutes ces « barrières » puissent enfin « s’ouvrir », dans un premier temps dans les abris de nuit ? Chaque relais social tente il est vrai de développer ses propres solutions pour lever ces freins à l'accès. Mais des actions plus globales à l’échelle de la Région wallonne, et sous votre impulsion Monsieur le Ministre, ne devraient-elles pas enfin être prises ? Si rien de tel n’existe encore pour permettre à toute personne, sans exception, de pouvoir se rendre dans un abri de nuit, Monsieur le Ministre peut-il me dire s’il envisage à court terme certaines actions, et si une réflexion à plus long terme à ce sujet ne serait pas nécessaire à votre niveau ? Est-il possible selon vous de faire évoluer les possibilités d’accueil des personnes sans abri ? En effet, tant que ces personnes sans abri resteront complètement en marge de la société, elles ne pourront jamais bénéficier des dispositifs de réinsertion que nous pouvons leur proposer…Je vous remercie Monique WILLOCQDéputée wallonne.Réponse du Ministre Donfut à la question orale de Madame la Députée Monique Willocq, concernant l’accueil d’urgence accessibles à tous les sans-abris sans exception.Madame la Députée,En réponse à l’honorable membre, j’ai l’honneur de lui rappeler que le décret du 12 février 2004 a réformé et structuré le secteur de l’accueil, l’hébergement et de l’accompagnement des personnes en difficultés sociales en région wallonne.Cette réglementation visait à professionnaliser le secteur et encourager la qualité de l’hébergement tant du côté des infrastructures que celui du personnel encadrant.Aujourd’hui, je pense que la Région wallonne mène une politique volontariste quant à la prise en charge de ce type de public, notamment par le biais de différentes mesures. Je m’explique :1/ La préoccupation d’un relais social est de répondre aux besoins urgents de personnes en détresse sociale aiguë. Pour ce faire, il assure une mission de coordination des services publics et associatifs.A l’approche de chaque hiver, des dispositifs d’urgence sont donc mis en place par les relais sociaux (Plan hiver). Ces derniers consistent à mettre un dispositif supplétif aux abris de nuit existants : lorsque leur capacité d’accueil est saturée, le plan hiver est activé. Comment ? En ouvrant des places supplémentaires (accords de principe) ou en diminuant momentanément les conditions d’accessibilité aux maisons d’accueil (organisation et coordination par le relais social).Ces deux dernières années ont permis d’affiner la pratique du terrain. La collaboration avec les différents acteurs sociaux a permis :- D’élargir les plages horaires des accueils de jour ;- D’assouplir les conditions de moralités d’entrée dans les accueils de nuit ;- De travailler avec les éducateurs de rue et le service d’urgence social ;- De rechercher davantage un appui sur les associations et services publics travaillant l’insertion dans le logement.2/ En sus des subventions dites « facultatives » pour des projets particuliers, j’ai confié à chaque relais social, par l’intermédiaire de 6 agents APE engagés par les relais sociaux, une étude exploratoires liée aux freins à l’hébergement. Aujourd’hui, cette étude n’est pas encore finalisée, il m’est donc difficile d’anticiper ses conclusions. Cependant, je me saisirai de ces dernières pour examiner des pistes de financement éventuel aux actions spécifiques relatives aux abris de nuit dont leur fonctionnement sont, en partie, financés par les subventions-projets des relais sociaux.3/ Par ailleurs, j’ai parrainé une journée de réflexions au mois de septembre relative à l’accueil inconditionnel dans les abris de nuit. Elle a permis de réunir pour la première fois tous les acteurs de terrain des abris de nuit en Région wallonne, mais aussi les relais sociaux et les représentants du secteur des maisons d’accueil. Un compte rendu des débats sera d’ailleurs publié en fin d’année dans la revue « L’Observatoire ».4/ Aussi, dans une volonté de ne laisser personne au bord du chemin durant cette période de « grand froid », j’ai souhaité rendre attentif les CPAS (même si je ne suis pas le Ministre de tutelle en la matière) à prendre les dispositions qui seraient nécessaires pour assurer un accueil de jour en faveur d’un public en difficulté, notamment par la mise à disposition d’un local d’accueil de jour chauffé ou par un accès facilité aux infrastructures existantes (hall de sport, maison de repos, salle communale, foyer culturel, etc.).5/ Enfin, si je suis réellement convaincu que la Région wallonne mène une politique volontariste en la matière, c’est parce que le gouvernement, a dégagé, malgré des budgets serrés, des crédits suffisant pour appliquer la totalité du décret du 12 Février 2004. Ces nouveaux crédits permettront notamment le subventionnement de l’accueil d’urgence à partir du 1er janvier 2009, ce qui renforcera davantage l’offre d’accueil en sus des abris de nuit.Continuons sur vos autres réflexions.Le rôle socialisant du chien. Il est vrai qu’il n’est pas toujours évident, en l’occurrence avec ce type de public, de séparer la personne sans-abris de son animal de compagnie. Je suis, en effet, conscient du rôle important que peut jouer un animal de compagnie pour les personnes exclues, défavorisées ou isolées.Malheureusement, les abris de nuit, demeurant dans le cadre décrétal du secteur de l’hébergement, ont une réglementation communautaire d’ordre intérieur à suivre, notamment en terme d’hygiène et de sécurité.Au-delà de ces obstacles, des solutions émergent. J prends l’exemple de Charleroi où une convention entre le Relais social et la SPA permet aux propriétaires de disposer d’un chenil de l’institution. Mais encore, certaines structures d’accueil mettent à disposition des chenils extérieurs.Aussi, la problématique des personnes accompagnées de chiens à fait l’objet d’une réflexion de la Commission consultative relative aux maisons d’accueil et abris de nuit dont l’avis remet en question l’hygiène mais surtout la sécurité dans les structures d’accueil. Il est difficile d’accepter que l’usager puisse dormir avec son chien en abri de nuit.Le transfert des personnes sans-abri. J’ai bien conscience de problème de l’accessibilité de lieu comme les casernes militaires, mais cette démarche ressort des compétences et des responsabilités des pouvoirs locaux en matière d’aide sociale aux sans-abris. Vous n’êtes pas sans savoir qu’il existe des dispositifs d’urgence sociale notamment au sein du C.P.A.S. de Tournai et que, par ailleurs, l’article 28, § 1er de la loi du 8 juillet 1976 organique des C.P.A.S. impose au Président d’accorder aux sans-abri qui le demandent une aide sociale. Celle-cipourrait consister aussi en la prise en charge du transport vers un lieu d’hébergement.Enfin, comme demandé, je terminerais en vous mettant à disposition ci)dessous les derniers chiffres dont je dispose quant au nombre de places dans les abris de nuit en Wallonie.Liste des abris de nuit agréés en Région wallonne.tableau

Commentaires

reponse a votre article Bonjour
Je me présente Mr Barone David séparé se mon épouse je me suis retrouvé dans la rue, j'ai été placé dans un centre d'accueil à l'îlot à jumet.
J'étais en pleine dépression il est vrai que je n'avais pas toute ma tête car j'étais à bout j'ai perdu mon contrôle et me suis disputé avec une éducatrice et suis parti.
Mon éducateur était Gaétan une personne vraiment super.
Je regrette sincèrement de mettre emporté mais il était trop tard.
Me retrouvant seul sans personne vers qui me tourner je me suis rendu au cpas de Florennes ou j'étais encore inscrit à la commune.
Là j'ai vu Mr Grolet qui m'a dit ne plus pouvoir faire pour moi, m'a remis une liste de centre d'accueil et m'a dit bonne chance.
Je ne l'ai pas supporté et j'ai tenté de me suicider en vain car j'ai été emmené d'urgence à l'hôpital IMTR.
Depuis toute les portes se ferme devant moi sans domicile sans revenu n'y même le ris je suis à bout et ne sais plus que faire.
Il est vrai qu'en Belgique il existe beaucoup d'aide pour les personnes en difficultés mais je voulais aller à l'étape à Tournais j'y ai obtenu un entretient car ils avaient 2 places le verdict est tombé.
Je ne suis pas pris les places ont été déjà attribuées alors que faire?
Je vais essayer de me rendre au caps de tournais mais même là je ne crois pas qu'ils puissent m'aider pourtant c'est dans cette ville que je veux rester et trouver un logement et un travail j'ai assez de diplôme pour cela.
Pour finir je voulais vous dire que j'ai pris plaisir à vous lire et vous encourage à continuer la lutte pour améliorer le système.
Recevez, Madame mes sincères salutations.
Mr Barone

Écrit par : barone | 08/06/2009

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