07/10/2008

Un Humanisme éclairé face au Libéralisme débridé

Un Humanisme éclairé face au Libéralisme débridéAprès avoir assisté à la faillite de l’économie étatique avec la chute du communisme, voici celle de l’économie libérale. Qui peut encore croire à l’autorégulation des marchés par une main invisible ?Le credo de tout libéral bon teint a été résumé ainsi par Gérard Radnitzky, professeur à l’université de Trêves en Allemagne : « Le marché a le mérite de faire reculer la politique et de tenir la démocratie à l’intérieur de limites précises. Un capitalisme pleinement accompli maximiserait l’usage du marché et, de ce fait, donnerait à la politique relativement peu d’importance. » (*)Aujourd’hui, les penseurs et les économistes libéraux retournent leur veste et appellent au secours la puissance publique.Cette intervention de l’Etat, au-delà de toute querelle philosophique et idéologique, était indispensable, chez nous, pour préserver les intérêts des citoyens déposants ou épargnants, ainsi que ceux du personnel des deux banques, Fortis et Dexia.Le Centre démocrate Humaniste veut changer le système et développer une économie sociale de marché, pour laquelle il se bat depuis des années. Une économie sociale de marché, c’est une économie au service de l’Homme et non l’inverse. Le capitalisme classique donne la préférence au facteur capital sur le facteur humain, avec un minimum de contrôle extérieur. C’est en contradiction avec les principes démocratiques. Nous voulons ancrer l’Homme au centre, car dans une démocratie, il n’existe personne de superflu.Le cdH a toujours exigé une réglementation et un contrôle renforcé pour lutter contre les excès et dérives des marchés financiers, que certains appellent pudiquement « les excès du capitalisme ».Les propositions du cdH rencontrent celles du Forum pour la stabilité financière. Ce groupe, créé en 1999, réunit les autorités nationales de régulation et les banques centrales.Nous voulons réimposer le Politique et l’intérêt collectif au marché et à la finance. Pour nous, cela passe notamment par l’élaboration de nouvelles normes internationales strictes et impérativement respectées ; par la mise en place d’un organe de contrôle prudentiel à l’échelle européenne, et par l’adoption d’un système strict d’encadrement pour les rémunérations des dirigeants. Leur prime devrait être calculée sur la durée de leur contrat et non par trimestre.Malgré les crises à répétition (42 crises financières ont touché 37 pays depuis 1970, selon une étude du Fonds Monétaire International), le chemin sera long. J’en veux pour preuve la récente déclaration de Charlie McCreevy, le Commissaire européen au marché intérieur et aux services financiers, qui estime que « le manque de régulation n’est pas à l’origine de la crise financière actuelle».Le temps de la raison est arrivé, avec le retour à la vraie réalité économique, celle que vous et moi pouvons voir, entendre et connaître chaque jour. Pragmatisme, réalisme et transparence : c’est ce que je demande avec la fin des parachutes dorés, et une protection sans faille des modestes épargnants que nous sommes. Et je revendique que l’action politique en la matière soit totalement transparente, et s’accompagne d’un contrôle et d’un débat parlementaire préalable.Comme le lançait de manière très argumentée Louis Maraite dans son éditorial de ce mercredi matin, «à quand le retour du libéralisme social ? »… (*) Extrait de la Revue des études humaines (décembre 1991)

12:15 Écrit par Monique Willocq dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Les commentaires sont fermés.