10/07/2008

Prévention des risques liés à la vie en plein air

Mme Monique Willocq à Mme Catherine Fonck, ministre de l’Enfance, de l’Aide à la jeunesse et de la Santé relative à la « prévention des risques liés à la vie en plein air » Mme Monique Willocq (cdH). – Je pose cette question au début des grandes vacances qui sont l’occasion de nombreux départs vers des lieux dépaysants, de l’organisation de camps, de plaines de jeux, des séjours résidentiels et de nombreuses activités au grand air. Toutes ces activités sont indéniablement bénéfiques pour la santé et réjouissent aussi bien les enfants que les adultes. Certains risques de maladies, infections ou désagréments de santé liés à la vie en plein air ne sont cependant pas à exclure. Il me semble important de diffuser des informations sur ces risques et de donner des conseils pour tenter de les éviter.Cette question m’a été inspirée par un article paru dans la presse la semaine passée sur les risques liés à l’hantavirus. Il faut également penser au danger des expositions solaires, des piqûres d’insectes. Je songe notamment à la maladie de Lyme transmise par les tiques et à certaines plantes toxiques. Des informations sur les précautions à prendre sont-elles transmises aux parents, aux enfants et aux animateurs ? Des actions de sensibilisation spécifiques sont-elles mises en oeuvre ou soutenues par la Communauté française ? Des brochures ont-elles été éditées ?Par ailleurs, je tiens à remercier la ministre pour m’avoir fait parvenir le fascicule sur les vaccins que je lui avais demandé.Mme Catherine Fonck, ministre de l’Enfance, de l’Aide à la jeunesse et de la Santé. – De nombreuses initiatives sont déjà prises pour informer sur les aléas de la vie en plein air et les prévenir. Deux campagnes ont été reconduites cette année après avoir fait l’objet d’une évaluation. La campagne « Palou », orientée plus particulièrement vers les jeunes enfants, sur la prévention du mélanome a fait l’objet d’une brochure distribuée dans toutes les consultations de l’ONE. La campagne « Et si on pensait à . . . » fournit des conseils pour la préparation et la conservation des aliments. Il est frappant de constater que, dans des camps de plein air sans frigo, des aliments restent parfois pendant de longues heures en pleine chaleur, ce qui provoque la prolifération de germes parfois très toxiques. Il y a un an ou deux, dans un camp organisé en région de Liège, nous avions connu une petite épidémie due à une pullulation microbienne alimentaire, qui avait nécessité des hospitalisations.Une brochure éditée par l’ONE à l’intention des parents, intitulée « Vive les vacances », est disponible dans tous ses lieux de consultation. Ce document aborde de façon simple et accessible divers sujets comme les piqûres d’insectes, les coups de soleil, les insolations. Dans la brochure « Centres de vacances - mode d’emploi », à disposition de tous les centres de vacances, l’ONE consacre dix pages à la gestion des questions de santé dans l’organisation quotidienne d’un centre de vacances, d’un camps, de plaines de jeux, etc.). Les questions d’hygiène, de sécurité, de médication, de trousse de secours et de « fiche santé » y sont abordées. En 2008, le collège des conseillers pédiatres de l’ONE a entrepris de travailler, en collaboration avec les services PSE, à la rédaction d’une brochure sur les questions de santé dans les centres de vacances. Ce texte qui s’inspire du document réalisé fin 2007 par les services PSE « La santé dans les milieux d’accueil de la petite enfance », sera adapté pour les enfants de 3 à 12 ans. L’Institut scientifique de Santé publique (ISSP) a réalisé une brochure traitant de la maladie de Lyme et des autres maladies transmises par les tiques ; cette brochure sera largement diffusée cette année dans les centres de vacances, On y explique les risques et on y précise les précautions à prendre contre les piqûres et en cas de morsure. Par exemple, désinfecter peut entraîner une diffusion de la toxine. Les centres de vacances et les mouvements de jeunesse se procurent généralement une pince spécifiquement prévue pour extraire la tique dans son entier et éviter ainsi la dispersion de la toxine. Vous avez cité les infections par hantavirus. Si l’on observe effectivement une augmentation sensible du nombre de personnes touchées, il faut cependant préciser que cette pathologie n’affecte pratiquement jamais les moins de 15 ans et présente une incidence relativement limitée, avec une évolution favorable de la pathologie, dans la grande majorité des cas. Dès lors, il ne me semble pas justifié de lancer une campagne spécifique à l’hantavirus. Portons plutôt notre attention sur des affections dont l’incidence est plus sérieuse comme la maladie de Lyme (Borrelia burgdorferi).La détection rapide d’un érythème migrant, c’est à-dire une rougeur qui s’étend vers l’extérieur en pâlissant à l’intérieur, nécessite des antibiotiques pour prévenir la neuroborréliose. Les centres de vacances sont directement concernés par le risque du Borrelia burgdorferi dans les champs et lesplaines.Au delà des brochures et des informations préventives, je tiens à insister sur la formation. Pour les camps de vacances, les mouvements de jeunesse et les séjours partiels ou complets, tous les animateurs brevetés suivent un cursus qui offre une approchetransversale de toutes ces questions. L’objectif est d’anticiper, prévenir, analyser et développer des comportements adaptés aux avantages et aux inconvénients de la vie en plein air.Mme Monique Willocq (cdH). – Je remercie la ministre. J’ai été inquiète en lisant l’article sur l’hantavirus. Vous avez signalé que toutes les précautions sont prises. Mener une campagne en 2008 est une bonne chose.

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