07/02/2008

QUESTION ORALE DE MADAME LA DEPUTEE MONIQUE WILLOCQ A MONSIEUR LE MINISTRE PAUL MAGNETTE - « L’accessibilité des abris de nuit à toutes les personnes sans-abri » (03/12/2007)

Monsieur le Président,Monsieur le Ministre,Chers Collègues, Les « Plans Hivers », activés depuis 4 ans, viennent, cette année encore, d’être relancés.  Ils dureront jusqu’au 30 mars 2008 et mobiliseront 200 lits supplémentaires par rapport aux 1970 places que compte déjà notre Région dans les lieux d’accueil prévus par le décret du 12 février 2004, à savoir, les abris de nuit, les maisons d’accueil, les maisons de vie communautaires ou de type familial.   Les personnes sans abri pourront se présenter dans un abri de nuit pour la nuit et, si celui-ci est complet, une attestation leur sera délivrée pour se rendre au centre d'accueil "hiver" de leur région.   Pourtant, pas plus tard que lundi dernier, la Présidente du CPAS de Tournai m'a signalé ce cas: il y a de plus en plus de sans abris mais il y a un gros problème pour les loger, car s’ils peuvent se rendre dans une caserne militaire, la difficulté de trouver des éducateurs pour passer la nuit avec eux est réelle puisqu’elle suppose un traitement supplémentaire pour les éducateurs. Avez-vous connaissance de ce problème Monsieur le Ministre ? J’ai pu lire que le Gouvernement wallon avait décidé de « renforcer » le « Plan Hiver » dans les six Relais sociaux wallons.  Les problématiques pourront ainsi être abordées de manière diverse à Mons, Liège, Verviers, Charleroi, Namur et La Louvière.  200 places supplémentaires seront donc disponibles pour accueillir de manière urgente les personnes qui souhaitent un abri pour la nuit.  Si cette initiative vise d’abord à résoudre « l’urgence », il est essentiel de pouvoir organiser, dans la foulée, et à plus long terme, la réinsertion des personnes qui viennent se présenter dans ces lieux d’accueil d’urgence. Aussi, des réflexions seraient en cours sur le terrain afin d'atteindre le plus rapidement possible la finalité des Relais sociaux, à savoir donc la réinsertion.  Le but du Plan hiver « est qu'il n'y ait personne à la rue en Wallonie cet hiver », dites-vous Monsieur le Ministre.  Mais ce Plan semble cependant insuffisant pour résoudre le problème général de l'accueil des personnes sans abri en Wallonie.   Vous avez vous-même dénoncé certaines "barrières à l'accès" : les personnes à mobilité réduite, les familles avec enfants, les animaux de compagnie, etc. Ces caractéristiques ne permettent donc pas toujours l'accueil.  Outre les initiatives mises en oeuvre durant des périodes particulières de l’année, comme par exemple durant la saison hivernale, de nouvelles initiatives devraient selon moi être envisagées en vue d’une application 12 mois sur 12. Les Sans domicile fixe sont sans aucun doute la face la plus visible et, par là, la face plus intolérable de la Pauvreté. Et pourtant ces personnes, sans abri et sans domicile, échappent à tout recensement officiel.  Monsieur le Ministre pourrait-il avant toute chose me dire combien de personnes passent chaque année dans les centres d’accueil wallons ? Constate-t-on une augmentation du chiffre par rapport aux années précédentes ? Toujours est-il qu’au-delà de ce chiffre, que j’espère, vous pourrez me donner Monsieur le Ministre, il ne faut pas oublier qu’il y a aussi un nombre très important de personnes sans abri qui ne passent pas dans ces lieux d’accueil, et qui ne sont donc pas recensées.  Ces personnes n’y vont pas parce que des « barrières d’accès », comme vous les appeler Monsieur le Ministre, les y en empêchent. Je les ai citées plus haut, et j’aurais aimé vous entendre à ce sujet. En octobre dernier, ma collègue Ingrid COLLICIS vous avait déjà posé, par voie écrite, la question particulière de l’accueil des SDF accompagnés de leurs chiens dans les abris de nuit, et autres lieux d’accueil, mais la réponse à sa question n’a pas encore été publiée, et elle ne m’est donc pas connue.  Cette question est on ne peut plus d’actualité, puisque l’hiver est à nos portes. Or, en période hivernale, les personnes sans abri courent encore plus de risques, pour leur santé, et pour leur vie… C’est pour cette raison que je vous interroge aujourd’hui, afin d’obtenir une réponse.  Si vous épinglez ces « barrières à l’accès », comment comptez-vous alors les « ouvrir » Monsieur le Ministre ?  Des actions concrètes sont-elles déjà d’application dans ce but ?  Si par contre, rien n’est encore mis en œuvre sur le terrain pour éliminer ces barrières et permettre à toute personne, sans exception, de pouvoir se rendre dans un abri de nuit, Monsieur le Ministre peut-il me dire s’il envisage à court terme certaines actions, et si une réflexion à plus long terme à ce sujet est en cours à son cabinet ?  Est-il possible selon vous de faire évoluer les possibilités d’accueil des personnes sans abri (avec ou sans handicap, avec ou sans animal de compagnie, avec ou sans enfant, etc.) ? En effet, tant que ces personnes sans abri resteront complètement en marge de la société, elles ne pourront jamais bénéficier des dispositifs de réinsertion que nous pouvons leur proposer.  Je vous remercie

Commentaires

A Tournai tout est ''plein'' pour l'hiver; alors pour ceux qui restent et j'en connais deux personnellement, au moins un couloir chauffé dans une institution sociale comme clinique CPas...autres, un espace clos et securisé,pour deposer son sac de couchage la nuit à l'abri du froid et des intempéries même sans objectif de reinsertion, toilettes, bains etc...le minimum du minimum
merci pour vos questions madame Willocq elles vont de soi mais personne n'y répond ou ne les pose à qui ou quand il faut, ou alors elles restent en suspens...il faudrait analyser de façon psycho-sociologique pourquoi par ici c'est un problème , je sais que dans les pays nordiques il n'y pas de sans-abri; une bonne soirée, madame Willoq et encore merci

Écrit par : Youri | 24/11/2008

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